Foire aux questions (FAQ) sur les consignes provisoires pour les responsables et les employés manipulant des eaux usées non traitées issues d'individus dont l'infection par le virus Ebola est suspectée ou confirmée aux États-Unis.

FAQs on Interim Guidance for Managers and Workers Handling Untreated Sewage from Suspected or Confirmed Individuals with Ebola in the U.S. | Cleaning and Decontamination | Public Health Planners | Ebola (Ebola Virus Disease) | CDC

Eaux usées des établissements de santé

Les égouts sanitaires peuvent-ils être utilisés pour l'élimination des déchets des patients contaminés par Ebola ?
Un égout sanitaire est un système de tuyaux souterrains qui transporte les eaux usées et les déchets des maisons et autres bâtiments vers une usine de traitement des eaux usées pour les éliminer. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré que les égouts sanitaires peuvent être utilisés pour l'élimination en toute sécurité des déchets provenant de patients atteints d'Ebola tels que les selles, l'urine ou les vomissures.1

Pour le moment, il n'existe pas de rapport signalant que le virus Ebola puisse se transmettre par le biais des égouts.2,3 Aux États-Unis, les procédés de traitement des eaux usées sont conçus pour inactiver ou éliminer les agents infectieux, ce qui rend peu probable l'éventualité d'une transmission du virus Ebola via les égouts.

Pourquoi peut-on utiliser les égouts sanitaires pour l'élimination des déchets des patients atteints d'Ebola ?  
Aux États-Unis, les déchets d'origine humaine, le sang et d'autres matières potentiellement infectieuses sont systématiquement rejetés dans les égouts sanitaires. Les procédés des stations de traitement des eaux usées sont conçus pour inactiver ou éliminer les organismes pathogènes humains (agents pathogènes), y compris les bactéries, les virus, les protozoaires (comme Giardia et Cryptosporidium) et les helminthes (vers parasites).

Le personnel qui manipule directement les canalisations d'eaux usées et qui intervient à l'étape de présélection du traitement des eaux usées présente les risques les plus élevés d'exposition aux organismes pathogènes. Il est recommandé à ce personnel de respecter les conseils du CDC fournis dans les Consignes provisoires pour les responsables et les employés manipulant des eaux usées non traitées issues d'individus dont l'infection par le virus Ebola est suspectée ou confirmée aux États-Unis pour éviter toute exposition au virus Ebola lors d'une manipulation des eaux usées non traitées.

Les virus à enveloppe comme Ebola ont-ils été transmis au personnel des stations de traitement des eaux usées ?
Dans les virus à enveloppe, tels que le virus Ebola, l'hépatite B, l'hépatite C et le VIH, le noyau du virus est entouré d'une enveloppe externe composée de lipoprotéines. Cette enveloppe lipoprotéique expose davantage les virus enveloppés à une destruction par de nombreux agents physiques et chimiques que les virus sans enveloppes lipoprotéiques (connus sous le nom de virus non enveloppés, par ex. les norovirus, rotavirus, adénovirus ou poliovirus).

Plusieurs études se sont penchées sur le personnel des stations de traitement des eaux usées pour déceler des signes d'infection ou la prévalence d'anticorps (les anticorps sont des protéines qui sont produites par le système immunitaire du corps quand il détecte des substances nocives). Ces études ont porté sur les virus enveloppés et les virus non enveloppés entériques qui peuvent affecter le système gastro-intestinal (estomac).

Quelques études ont évalué la prévalence des anticorps à l'hépatite B, au virus parainfluenza et à l'hépatite C. Elles ont trouvé une prévalence significativement plus élevée d'anticorps contre le virus de l'hépatite B chez le personnel des stations de traitement des eaux usées, mais d'autres facteurs de risque, tels que le comportement sexuel, l'injection de drogue ou l'exposition possible en milieu médical, n'ont pas été pris en compte.4,5 Or, ils auraient pu influencer les résultats de l'étude. D'autres études ont souligné une prévalence significativement plus élevée des anticorps contre le virus parainfluenza de type 1. 6 Une autre étude a signalé deux cas d'hépatite C chez le personnel des stations de traitement des eaux usées. 7 Aucun autre rapport n'a été publié concernant des infections du personnel des stations de traitement des eaux usées causées par des agents pathogènes transmissibles par le sang tels que l'hépatite B, l'hépatite C ou le VIH, ni même d'autres virus enveloppés tels que le virus Ebola ou la grippe.

Pourquoi le CDC ne recommande-il pas la désinfection des déchets des patients dans les toilettes ?
Actuellement, le CDC ne recommande pas la désinfection des déchets des patients dans les toilettes avant de les jeter dans les égouts sanitaires et ce, pour plusieurs raisons.

Aucune donnée n'a été publiée quant à l'efficacité des désinfectants contre les virus dans les déchets d'origine humaine, tels que les selles et l'urine. Ainsi, il n'existe pas de désinfectant homologué par l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) à utiliser dans les toilettes contre les virus enveloppés ou non enveloppés dans les selles, l'urine ou les vomissures avant leur élimination dans les égouts sanitaires. L'EPA exige que tous les désinfectants soient utilisés conformément aux instructions sur l'étiquette du produit. Si le produit n'est pas utilisé conformément à ces instructions, son efficacité ne peut être garantie.

En outre, les virus (y compris Ebola) vont s'associer à des particules et des matières organiques dans les déchets des patients pour se protéger du désinfectant, diminuant ainsi son efficacité. 8 Les composants organiques et azotés des déchets des patients vont également réagir au contact des désinfectants à base d'halogène (tels que l'hypochlorite de sodium ou l'eau de javel), réduisant encore l'efficacité de la désinfection.9

Enfin, il existe des problèmes de sécurité pour le personnel de santé et le patient lorsque l'eau de Javel commerciale est utilisée pour cette application. La Javel est un agent fortement corrosif pouvant réagir chimiquement avec des composés organiques pour produire des vapeurs nocives. 10 Son utilisation dans cette application exigerait une ventilation supplémentaire de la chambre du patient. Nos recommandations actuelles sont conformes à l'avis des experts énoncé dans les consignes de l'OMS.  

Bien que le CDC ne recommande pas la désinfection des déchets des patients dans les toilettes, on peut demander à notre établissement de désinfecter avant l'élimination. Quelles procédures ont été utilisées par d'autres établissements pour traiter les déchets contaminés par le virus Ebola avant de les jeter dans les égouts sanitaires ?  
Le CDC reconnaît que les membres du secteur du traitement des eaux usées, ainsi que d'autres parties prenantes, sont préoccupés par le fait de laisser entrer les déchets dans le système d'égouts sanitaires. Les procédés des stations de traitement des eaux usées sont conçus pour inactiver ou éliminer les agents pathogènes. Cependant, certains systèmes de traitement des eaux usées peuvent exiger des hôpitaux prenant en charge des patients atteints d'Ebola de traiter les déchets avant de les jeter dans les égouts sanitaires.

Aux États-Unis, diverses sources ont utilisé différentes approches pour traiter les déchets avant leur élimination et ce, en fonction de leur expérience dans le traitement des patients Ebola, à savoir :

  • utiliser des sanitaires mobiles et ajouter des agents pour solidifier les déchets des patients avant l'élimination en tant que déchets solides associés au virus Ebola ;
  • ajouter un désinfectant, à usage hospitalier et à la concentration recommandée par le fabricant, dans les toilettes contenant les déchets du patient, puis laisser agir dans les toilettes 2,5 fois le temps recommandé avant de tirer la chasse d'eau ; 11
  • ajouter de la Javel ou des composés d'ammonium quaternaires aux toilettes contenant les déchets du patient en attendant 5 minutes avant de tirer la chasse d'eau (le type et la concentration des désinfectants utilisés dans ce protocole n'ont pas été indiqués au CDC). 12

Si vous êtes plombier ou membre du personnel de l'établissement responsable de résoudre les problèmes de plomberie, votre employeur doit vous avoir informé si ces pratiques de traitement préliminaire des déchets sont utilisées sur votre lieu de travail. Veuillez contacter votre employeur si cela n'a pas été fait.

Que peuvent faire les établissements de soins pour minimiser le risque d'exposition du personnel responsable des problèmes de plomberie au virus Ebola ?
Les établissements de santé devraient réduire les quantités de papier toilette et de lingettes jetables dans les toilettes afin d'éviter l'engorgement pouvant causer des refoulements d'égout. L'entretien régulier des canalisations d'égouts sanitaires devrait être effectué après le départ des patients atteints d'Ebola de l'hôpital.  

Survie dans les eaux usées

Quelle est l'efficacité des procédés de traitement des eaux usées pour éliminer ou inactiver le virus Ebola ?
Les informations quant à la survie du virus Ebola dans les systèmes d'eau et d'eaux usées sont limitées. Cependant, il existe de nombreuses données sur la survie de virus enveloppés similaires dans l'environnement. Le virus Ebola devrait répondre de la même façon que les autres virus enveloppés et devrait être inactivé plus rapidement que les virus non enveloppés. La dilution des virus dans le système des eaux usées réduit leur concentration. En outre, la combinaison d'agents virucides et les propriétés biologiques, chimiques et physiques des eaux usées, tels que le pH, la température et la présence de micro-organismes prédateurs qui pourraient décomposer le virus, devraient inactiver les virus enveloppés et les supprimer des eaux usées de manière efficace. 8

Source water from wastewater treatment plant discharges or runoff from waste-related biosolids pose minimal risk of Ebola exposure when applied to land in compliance with EPA requirementsexternal icon.13

Quelle est l'efficacité des fosses septiques pour éliminer ou inactiver le virus Ebola ?
Les fosses septiques sont des systèmes de traitement des eaux usées sur place, regroupés et décentralisés. Les virus ne sont pas inactivés de façon significative dans les fosses septiques 14 et les effluents de fosses septiques (déchets liquides) peuvent contaminer les eaux souterraines avec des virus entériques et affecter le système gastro-intestinal (estomac).15,16 L'effluent des fosses septiques s'écoulant vers les eaux souterraines en s'infiltrant dans le sol, les virus et autres micro-organismes pathogènes sont ainsi éliminés. Pour prévenir la contamination de l'approvisionnement en eau potable, les fosses septiques doivent être installées en respectant les distances de recul à observer par rapport aux puits d'eau souterraine.17,18

Survie dans l'eau potable

Quelle est l'efficacité des procédés de traitement de l'eau potable pour éliminer ou inactiver le virus Ebola ?  
Aucun rapport de cas ni de données épidémiologiques significatifs ne font état de la transmission du virus Ebola par l'exposition ou la consommation d'eau potable traitée provenant des sources d'eau de surface. Si les eaux de surface utilisées pour la consommation publique contenaient le virus Ebola, il serait probablement détruit par les méthodes de désinfection chimique utilisées dans les stations de traitement des eaux. Bien qu'aucune étude scientifique n'ait été publiée sur la détection du virus Ebola dans les sources d'eau utilisées pour l'eau potable publique, les virus enveloppés tels que le virus Ebola sont plus sensibles à la désinfection au chlore que les virus non enveloppés. 19,20 La concentration requise de désinfectant avec le temps de pause nécessaire pour atteindre l'inactivation du virus conforme à la norme 4-log10 de l'EPA (99,99 %) sans chlore suffisent à inactiver les virus non enveloppés dans l'eau potable, y compris les rotavirus, adénovirus et poliovirus. Le dioxyde de chlore et la désinfection par ozone sont également efficaces pour inactiver les virus.21 En outre, le virus Ebola est plus sensible aux rayons UV que d'autres virus non enveloppés. 22

Le virus Ebola peut-il être transmis par l'eau potable non traitée publique et privée provenant de sources d'eau souterraines ?
Dans des circonstances normales, le virus Ebola serait détruit naturellement avant d'atteindre les aquifères. Les propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol (comme le pH, la température, l'absorption des surfaces et la prédation par d'autres micro-organismes) inactiveraient et supprimeraient le virus pendant l'écoulement à travers le sol et les eaux souterraines. Ebola ne devrait pas être présent dans les eaux souterraines non traitées s'il n'y a pas d'importantes fuites d'eaux usées contaminées par Ebola directement dans les aquifères souterrains.

En ce qui concerne les fosses septiques, les distances de recul à observer entre les puits d'eau souterraine et les sources potentielles de contamination (par exemple, les fuites de fosses septiques) devraient permettre l'inactivation pendant l'écoulement du virus à travers le sol. 17,18 Si l'on craint que des eaux souterraines non traitées puissent avoir été contaminées par le virus Ebola, les fournisseurs d'eau publics et les utilisateurs de puits privés devraient contacter les autorités compétentes en matière de santé et d'eau potable au niveau local ou de l'État afin de déterminer si des précautions sont nécessaires avant que l'eau des puits ne soit utilisée comme eau potable.

Références

  1. Organisation mondiale de la Santé. [2014]. Directives temporaires de contrôle et de prévention des infections pour les patients atteints de la fièvre hémorragique Filovirus suspectée ou confirmée dans les établissements de santé, dans le contexte d'Ebola.
  2. Organisation mondiale de la Santé. [2014]. Ebola Virus Disease (EVD). Key Questions and Answers Concerning Water, Sanitation, and Hygiene.
  3. Weber DJ, Rutala WA. [2001]. Risks and Prevention of Nosocomial Transmission of Rare Zoonotic Diseases. Clin Infect Dis 32:446-456.
  4. Avanitidou M, Constantinidis TC, Doutsos J, Mandraveli K, Katsouyannopoulos V. [1998]. Occupational hepatitis B virus infection in sewage workers. Med Lav 89:437-444.
  5. Avanitidou M, Mamassi P, Vayona A. [2004]. Epidemiological evidence for vaccinating wastewater treatment plant workers against hepatitis A and hepatitis B virus. Eur J Epidemiol 19:259-262.
  6. Iftimovici R, Iacobescu V, Copelovici Y, Dinca A, Iordan L, Niculescu R, Teleguta L, Chelaru M. [1980]. Virologie 31:187-189.
  7. Brautbar N, Navizadeh N. [1999]. Brief communication: sewer workers: occupational risk for hepatitis C - report of two cases and review of literature. Archives de santé environnementale : un journal international 54:328-330.
  8. Sobsey MD, Meschke JS. [2003]. Virus Survival in the Environment with Special Attention to Survival in Sewage Droplets and Other Environmental Media of Fecal or Respiratory Origin. Rapport pour l'Organisation mondiale de la Santé, Genève, Suisse.
  9. White GC. [1999] Handbook of Chlorination and Alternative Disinfectants. John Wiley & Sons, Inc., Hoboken, NJ.
  10. Ministère de la Santé de l'État du New Jersey. [2008]. Fiche d'information sur les substances dangereuses : l'hypochlorite de sodium. http://nj.gov/health/eoh/rtkweb/documents/fs/1707.pdf.
  11. Lowe JJ, Gibbs SG, Schwedhelm S, Nguyen J, Smith PW. [2014]. Nebraska Biocontainment Unit Perspective on Disposal of Ebola Medical Waste. Am J Infect Control, dans la presse.
  12. Ribner BS. [2014]. Treating Patients with Ebola Virus Infections in the US: Lessons Learned. Présenté lors de l'ID Week, le 8 octobre 2014. Philadelphie, PA.
  13. Agence américaine de protection de l'environnement (EPA). [1994]. Guide en langage courant du règlement sur les biosolides de l'EPA Partie 503
  14. Bitton G. [1994]. Wastewater Microbiology. Wiley-Liss, Inc., New York, NY.
  15. Sinton LW. [1986]. Microbial contamination of alluvial gravel aquifers by septic tank effluents. Water Air Soil Pollut. 28:407-425.
  16. Vaughn JM, Landry EF, Thomas MZ. [1983]. Entrainment of viruses from septic tank leach fields through a shallow, sandy soil aquifer. Appl Environ Microbiol 45:1474-1480.
  17. Yates MV, Yates SR, Warrick AW, Gerba CP. [1986]. Use of geostatistics to predict virus decay rates for determination of septic tank setback distances. Appl Environ Microbiol 52:479-483.
  18. Yates MV, Yates SR. [1989]. Septic tank setback distances: a way to minimize virus contamination of drinking water. Groundwater 27:202-208.
  19. Département américain de la Santé et des Services sociaux [2009]. Biosafety in Microbiological and Biomedical Laboratories, 5ème édition.
  20. Prince HN, Prince DL. [2001]. Principles of viral control and transmission. Dans : Block SS [ed]. Disinfection, sterilization, and preservation 5ème édition. Lippincott Williams & Wilkins, Philadelphie, PA.
  21. Agence américaine de protection de l'environnement (EPA). [1999]. Manuel de consignes de l'EPA sur les autres désinfectants et oxydants.
  22. Lytle CD, Sagripanti JL. [2005]. Predicted Inactivation of Viruses of Relevance to Biodefense by Solar Radiation. J Virol 79:14244-14252.

Autres lignes directrices pertinentes du CDC

Consignes provisoires pour les responsables et les employés manipulant des eaux usées non traitées issues d'individus dont l'infection par le virus Ebola est suspectée ou confirmée aux États-Unis.

Consignes provisoires pour la prévention des infections par le virus Ebola en milieu hospitalier